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Tennis, betting et Krajinovic

Publié le par Ziz471

On a vu cette semaine à Bercy pourquoi il est si difficile, selon moi, de parier sur le tennis, surtout en fin de saison, et pourquoi je  me consacre à l’année au rugby (alors que le tennis reste mon sport n°1 dans la pratique et la théorie). On ne dépend au tennis que d’un cerveau, d’une inflammation à un genou, d’un blessé léger qui ne va pas abandonner, d’un autre qui accepte de jouer diminué sans rien dire, d’une envie de jouer ou plutôt de partir en vacances (pas comme en sport collectif où on peut perdre sa place dans une équipe), d’un ace qui se transforme en double-faute pour un millimètre, ou encore d’un état de grâce comme celui fabuleux de Benneteau. Bien évidemment, étant sportivement romantique, je ne vous parle pas de la probabilité d’un match truqué, on sait tous que cela n’existe pas… Quant aux règles douloureuses du circuit féminin, ou les peines de cœur intervenues la veille d’un match, c’est ça aussi a priori impossibles à prédire à moins de faire partie des intimes.

 

On a beau connaître chaque joueur, ses forces, ses faiblesses, sa cuisine tactique, ses adversaires maudits et/ou préférés, les surfaces allergènes : un mauvais jour reste un mauvais jour, et inversement. Et même quand on pense avoir les éléments de motivation en se plaçant dans la tête d’un joueur, il faut rester humble, on ne maîtrise pas grand-chose (attitude de Goffin jeudi). Et à quel moment, au bout de combien de match, la lassitude physique ou mentale va-t-elle s’immiscer ? Nul ne peut le prédire (CF Del Potro hier). C’est peut-être comme chacun d’entre nous dans notre profession, on subit plus qu’on ne maîtrise les choses.

 

C’est pourquoi l’impasse de Federer à Bercy en fait un favori logique pour un bet moyen terme aux Masters, comme il l’était déjà pour Wimbledon une fois qu’il avait annoncé son retrait de Roland-Garros. On se dit qu’on peut être sûr de trois choses avec lui : fraîcheur mentale, fraîcheur physique, confiance totale. Et quatre si on prend en compte son génie bien sûr. Mais là encore, puisque plus rien ne m’étonne dans le tennis, qui nous dit que Thiem, bien vilain ces derniers temps, ne va pas sortir son talent énorme et s’offrir le Suisse d’entrée pour une cote de 4,20 ? Voilà pourquoi, perso, j’aime autant le rugby, le seul sport collectif où les compositions d’équipes sortent la veille. Elles ne disent pas la motivation de chaque joueur, forcément forte quand il entre sur le terrain, elle dise le degré de priorité posé sur un match par un staff voire, en amont, une direction de club. Après, évidemment, des faits de jeu, et des mauvais jours de joueurs a priori vedettes, existeront toujours.

 

Sur ce, en attendant cette grosse journée rugby, je vous propose de parier sur Krajinovic (3,85). Pourquoi ? Car puisqu’on ne maîtrise pas grand-chose dans ce Bercy, autant regarder la grosse cote. Ensuite, car il est frais après le forfait de Nadal hier. Car il possède une belle première balle. Il tape bien des deux côtés et n’aura pas la pression comme Isner (la pression peut-elle influer sur sa qualité de service dans les moments-clés ?) qui joue à la fois sont tournoi et sa présence aux Masters en cas de succès demain. Et puis j’ai tendance à dire que jusqu’à un certain niveau, c’est surtout Isner et sa première balle qui décident d’un match, pas forcément l’adversaire. Et surtout car Isner, strappé hier, a peu de chances d’être mieux  physiquement aujourd’hui. Parier sur un joueur dont on sait la fragilité physique ne me paraîtra jamais cohérent. Et bénéfique sur le long terme. Sur ce, belle journée et vive le rugby !

 

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